FRIEND OF MISERY : Memento Finis (critique CD)

Publié le par MEL DELACROIX

Oh..., bien des choses nous demeurent assurément incompréhensibles. Tandis que les années s'écoulent par centaines et par milliers, que voit l'homme de la vie? quelques étés, quelques hivers... Nous contemplons les montagnes et les qualifions d'éternelles, et elles le paraissent, en vérité..., mais les montagnes, au cours du temps, s'élèvent et s'écroulent, les rivières abandonnent leur lit, les étoiles tombent du firmament, et la mer engloutit d'immenses cités. Il n'est jusqu'aux dieux qui ne meurent, à notre avis. Tout est sujet au changement...(George R.R.Martin)

 

 

Si rien ne bouge, si les briques rouges ne protêgent pas de la suie, si les pierres ne meurent pas ruines, les soleils étoiles, les mots en pierres tombales et les pleurs en rosée, que va-t-il nous rester, qui pour nous arroser, pauvres pousses fragiles, car depuis que les Dieux ont déserté les Jardins magnifiques (et le bassin lorrain...), les gloires fanées et les morales brulées, que nous reste-t-il pour pouvoir encore briller, se sublimer, et toucher de nos doigts les sommets du plus-que-parfait...?

Que reste-il sinon la Musique ? Cette Musique, métallique dans sa forge, acérée dans ses vocations, remuante quand elle s'immisce, quand elle marque à jamais nos chairs...Cette musique, ce Heavy-Métal, qui depuis les seventies titille l'imaginaire collectif pour le meilleur (Iron Maiden) ou pour le pire (Manowar...), qui irrigue nos phantasmes guerriers, qui pousse au meilleur le plus chétif, qui caresse quand les autres, ignares, prient pour nos âmes perdues.

 FRIEND OF MISERY (from Metz),  jeune groupe affamé illustre parfaitement cette geste. Heavy-Métal Français, avec cette indéfinissable classe qui fait toute la différence, ce chant en hexagonales variations, chaud timbre se permettant de s'éloigner des canons hurlés, marque dés le debut de ce premier album les esprits. Ensuite, nul ne survivra aux flèches électriques décochées par les guitares assassines et des compostions "catchy", portées par des choeurs sybillins ("Prendre Le Noir", soufflés par la manager du groupe Nathalie Léonard, ex Eyra et son final qui pourrait faire palir de jalousie tous les Testament du monde... ) ou violentées par des grunts/screams bien-à propos (le psychopathe Alain  Germonville de chez Ghord et Akroma  sur "Indifférence", "Satori" et "Memento Finis"). On y respire ici, comme de douces effluves échappées des territoires d'un Grave Digger ou d'un Dio, en imaginant ce tout jeune groupe volontaire sauter d'un coup les 7 lieues les séparant d'un Iced Earth...A l'interieur de ces nouvelles contrées défrichées par/pour FOM, tout est possible.

 

a1-copie-33.jpg

 

Saluons donc la rencontre de Fred (ancien chanteur de LEGEND et SCARVE) et Kryss (ancien chanteur de SEISM et guitariste de COLD AS ICE), épaulé par David Grousset (DAVID TMX), aux peaux & basse qui  offre alors l'opportunité au trio (lumineux) eclectique et electrique d'oser une nouvelle aventure, qui avec ce "Memento Finis", plus proche d'un Power Métal bodybuildé que d'un Thrash épique (le nom du groupe aurait pu le laisser croire) arbore comme bien belle conclusion cet objet compact que vous vous ferez une joie et un devoir de vous procurer fissa-fissa si vous aimez un Métal fabriqué avec passion et honneteté affirmant de plus à travers d'inspirés textes une introspection courageuse sur des mélodies fières et ravageuses.

Parce que sans doute le charbon a pu assombrir les coeurs des plus vigoureux, n'en demeure pas moins que le feu qui s'y love jamais ne s'éteindra.

Et ce feu sacré a aujourd'hui un nom :

FRIEND OF MISERY    

 

Publié dans Critique CD

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article