KOPEK : White Collar Lies (critique CD)

Publié le par MEL DELACROIX



Clairement, Dublin n'est pas Belfast. Eureka Street trop étroite ferait tanguer le navire, et on s'éviterait ainsi la punition. 10 années pour accoucher de cet album éreintant, et peine pour le chroniqueur subissant cette perte de temps qu'il aurait aimé consacrer à la dégustation d'un Bushmills sexy comme une ondine jouant de ses attributs mais las, la musique n'attends pas.

KOPEK donc, avec son
White Collar Lies
" est l'excitation du moment, oubliant le Bloom du début pur s'imaginer sauveur du rock et squatter les charts américains et canadiens (respectivement 25 eme et 9 eme avec le single digital "Cocaine Chest Pains"). Muse nous avait déjà tué, et 20 Seconds To Mars (30 ? le temps passe si vite...) lui, arrivait à faire bander l'élite.

Mais ici quel vide quelle litanie !

"Love Is Dead" ouvre les hostilités et déjà nous succombons. Plus abominable que le premier album de The Used à lui tout seul, la diarrhée über-mélodique vendue par un marchand de poisson affamé irrite tous nos sensibles orifices. Dan Jordan (chant et guitare), Brad Kinsella (basse) et Shane Cooney (batterie), trio maléfique alternatif (dans sa faculté á écrire des compositions attractives) me reconcilie illico avec l'integrale de Carla Bruni, tant les mimiques vocales sur-excitées deviennent vite épuisantes et que la marmelade qui fait office de musique rend la bouillabaisse somme toute très indigeste (la pochette de l'album résumant à elle seule l'état d'esprit après écoute attentive de l'objet).

Emo-pop boursouflée, U2 ne risque pas encore d'être détroné. "Love Sick Blues" se veut effronté, mais s'éffondre rapidement, croisement entre un Marilyn Manson qui aurait copulé avec Kyo, voyez le naufrage. Très loin de Jane's Addiction. Musique de rebelles nourris aux clips MTV Pulse, on vomit son mal-être en tachant de ne pas trop se décoiffer, on grimace on prend la pose. Guignols.

Les titres défilent, et il ne se passe absolument rien. Ah si, mon glaçon fond.

Nuls mais ils sont partout, leurs épanchements mélodico-arty pré-puberes se retrouvent dans nombre de géneriques de series ou autres films inutiles (en vrac : CSI, Jersey Shore, Saw 3D, American Pie...). Absolu jackpot chez les minettes américaines épilées du bulbe rachidien mais pot d'aisance pour celui qui preferera malgré tout le dernier Keane ( par exemple et sous la torture)
.
Seul interessante tentative, le (plutot) sobre "Sin City", qui apaisera un instant le courroux du journaliste qui ne méritait quand même pas pareille flagellation.

Absolument inutile donc, vous l'aurez compris, ce rock lyrique transgénique risque de vous rendre définitivement neurasthénique.

Transparent comme mon glaçon-

Publié dans Critique CD

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