THE DATSUNS : Death Rattle Boogie (critique CD)

Publié le par MEL DELACROIX

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Ça fuzz, ça désaltère ça fait le poids et les haltères ici décibels font les belles, ce marécage comme un sombre lac électrique, où le psychédelique vomi se répand, tel une couleuvre et frappe frappe et gonfle de venin les coeurs affamés.


C'est du rock n roll abrasif qui s'invite avec ce nouvel album des néo-zélandais DATSUNS, revenu aux affaires après quelques années de silence radio. 5 eme album et 10 années d existence, pas de bougies mais des cartouches pour raviver la flamme, car tectoniques sursauts et la porte du garage bien ouverte, la saturation de ce Death Rattle Boogie bien nommé est aussi douce que la craie rayant le noir tableau.
Ça viscère de toutes part, "Bulleye" en tête, bordel sans nom mais diablement hypnotique. Basse caoutchouc et déflagration Stoogienne, on saigne des oreilles avec ce "Skull Full of Bone", et ses vocaux surf comme la marque des chicots du requin sur la planche.



DATSUNS frais comme un T-Rex ressuscité ("Shadow Looms Large"), plus franc du collier que jamais, s'émancipe des débuts raides comme la mort (AC/DC, Motorhead, Led Zep) et s'octroie une verte rasade d'absinthe, "Wander the Night" illuminant la nuit de ses ambiances humides, chères aux Doors. Un psychobilly poisseux et groovy comme les intestins (maintenant éteints) de Lux Interior. Ça glisse aux pays des merveilles.


Amplis cramés (Dieu hait le mp3), gloire à ce "Helping Hands" fièvreux, au cuir élimé et au crachat primal. Musique d'autochtone, "Hole in Your Head" sent bon le tube à l'ancienne, soli-autobahn, catchy dans sa crasse.


Fabriqué en Suede dans les studios Gutterview du chanteur Dolf De Borst ainsi qu'aux Neil Finn’s Roundhead studios sous le regard aiguisé de Nicke Andersson (ex Hellacopters) sur le(ur) label Hellsquad records, la symphonie epileptique s'ébroue, rue, et indomptée laisse l'auditeur les quatre fers en l'air. Et le boogie démoniaque sur une ultime rasade de Jack fait craquer les lattes sous les coups de tes santiags. Pataugas s'abstenir (pour toi, il y a Pearl Jam), ici c'est roots c'est vintage c'est sans age. On mixe on malaxe on tord The Horrors et The Vines, plomb, sexe, terre rouge, désirs hallucinogènes et groove comme échappé de la vulve d'un desert rock mystique, avec cette vibration toute particulière heritée des paranoïaques sixties ("Death of Me", en totale roue libre), The Brian Jonestown Massacre prend illico un coup de vieux...


Bombardé en 2002 (à juste titre) par la presse britannique "Le Futur du Rock", The DATSUNS a pris du muscle et du poil, et ligote dans la cave les égeries polissées actuelles (en vrac : The Strokes jusqu'aux Kings of Leon ) et drague Sleepers sur ses terres.



Musique hirsute et paienne, ce retour à l'age de pierre (celui que les Stones n'auraient jamais dû quitter), noisy comme le chant des planêtes, ce rock troue la couche d'ozone. Et sait lecher les etoiles. L'orgasme de l'année-

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